Enshrouded

Keen Games est un studio de développement de jeux vidéo basé en Allemagne. Fondé en 2005, le studio est situé à Francfort-sur-le-Main. Keen Games est connu pour son expertise dans le développement de jeux d’action-aventure et de jeux de rôle, ainsi que pour son travail sur différentes plateformes, y compris les consoles de salon, les PC et les appareils mobiles.

Le studio a travaillé sur une variété de titres au fil des ans, collaborant souvent avec des éditeurs renommés. Parmi leurs projets les plus notables figurent « Sacred 3 », un jeu de rôle d’action hack-and-slash publié en 2014, ainsi que « Portal Knights », un jeu de rôle d’action coopératif avec des éléments de construction et d’exploration, publié en 2017.

« Portal Knights » a particulièrement bien été accueilli pour son mélange de jeu de rôle et de construction, ainsi que pour son esthétique visuelle colorée et son gameplay coopératif. Le jeu a été salué pour sa capacité à capturer l’essence de l’exploration et de la construction dans un monde fantastique.

Keen Games continue de travailler sur de nouveaux projets et d’explorer de nouvelles opportunités dans l’industrie du jeu vidéo, mettant en avant son expertise dans le développement de jeux d’aventure et de rôle pour différents types de plateformes.

Enshrouded est un jeu très attendu par les fans du genre, après une démo qui a connu un grand succès mais qui était trop courte pour la plupart des gens. Je vous renvoie à mon article précédent : Enshrouded retour sur la demo

Nous y voilà enfin, le jeu est sorti le mercredi 24 janvier 2024. Nous avons beaucoup à couvrir dans cette review.

Une joie incroyable

Telle un petit enfant à Noël, dès que le jeu est devenu disponible sur Steam, j’ai sorti ma carte bleue et donné 27 euros à Keen Games pour pouvoir y jouer.

L’installation s’est déroulée rapidement et sans accrocs. J’ai lancé une partie pour voir si ma dernière critique, qui comparait le jeu à un mélange entre Zelda et Valheim, était toujours d’actualité.

La première chose qui m’a frappé, ce sont les graphismes, très jolis. Le jeu est fluide. Rapidement, on nous demande de placer un point de base qui nous permettra de construire notre base dans un carré défini. Ce carré pourra être agrandi au fil de notre aventure.

La deuxième chose qui m’a marqué sont les combats, énergiques dès le départ. Il faut jongler entre le blocage et l’esquive pour affronter vos adversaires. Les règles élémentaires des RPG sont présentes, à savoir que frapper dans le dos inflige plus de dégâts et que la bonne arme permet d’en infliger encore davantage.

Enfin, parmi les aspects les plus intéressants, il y a le crafting et la terraformation. Toujours présents comme dans la démo, mais avec le même souci : si vous terraformez en dehors de votre zone de construction, tout réapparaîtra une fois le jeu relancé. C’est pratique pour obtenir des ressources infinies, mais moins intéressant lorsque vous avez creusé un tunnel pour raccourcir votre chemin.

Une désillusion qui survient après une dizaine d’heures

Une rapide impression de déjà-vu se manifeste dès le début de votre exploration. Tout semble extraordinaire au début, mais très vite, un sentiment de répétition s’installe. Les maisons délabrées se ressemblent souvent, tout comme les tombeaux et autres racines de brume, basés sur la même redondance dans la conception des niveaux.

Comme tout reparaît à chaque redémarrage du jeu, vous pouvez refaire à loisir les différents camps, puits d’élixir ou même les boss. C’est intéressant uniquement si votre équipement suit votre évolution. Ce qui n’est pas le cas.

Le processus d’équipement et de montée en niveau est long et extrêmement répétitif. Les niveaux des ennemis sont basés sur la zone et non sur votre propre niveau. Ainsi, s’ils se trouvent dans une zone de niveau 1, ils seront extrêmement faciles à vaincre. Au final, le jeu est assez simple en termes d’évolution RPG.

Votre équipement est classé selon certains critères propres aux RPG, à savoir Blanc, Vert, Bleu, Violet ou Or, représentant la rareté et donc la puissance du jeu… Il n’est pas rare de trouver du Blanc plus puissant que votre légendaire à niveau identique.

Le système de loot n’est pas très clair pour le moment. Par exemple, on peut rencontrer un tombeau de haut niveau qui ressemble ÉNORMÉMENT à un tombeau de plus bas niveau. Le butin à la fin n’est pas à la hauteur de la « difficulté ». Un equipement blanc de niveau inferrieur aux enemis presents.

La difficulté est calquée sur le Casual gamer, ce qui le rend bien trop simple. On avance sans encombre, les schémas des boss et même des ennemis sont très limités. Par exemple, un boss n’aura que 3 schémas à comprendre. C’est très prévisible et donc peu stimulant pour affronter les ennemis.

Le bestiaire est ultra simpliste : des loups, des sangliers, des pillards, des Vukah et des hommes champignons. Trois bosses différents et c’est tout.

Les ennemis ne progressent pas avec votre niveau, ni même en termes de schéma lorsque vous vous aventurez dans une zone de niveau plus élevé.

Un arbre de compétences très simpliste et basique. Rien de bien compliqué à prendre en main. Ils tentent de vous faire croire que vous pouvez spécialiser votre personnage en Tank, Heal, DPS Magie ou DPS Stam, et pourtant, rien n’étant compliqué, il est complètement inutile de se spécialiser. Si vous voulez avancer, créez un personnage DPS à distance et c’est fini, vous roulerez sur tout le monde.

La carte est trompeuse au final, car elle vous montre une ENORME zone que vous ne visiterez pas pour le moment. Il n’y a pas d’informations sur la suite de la carte, donc peut-être dans de futures mises à jour, ou peut-être un DLC ? Ce serait vraiment fâcheux. Vous parcourez la carte en environ une vingtaine d’heures de jeu.

C’est dommage pour la partie Exploration et RPG. Elle est très intéressante, mais comme expliqué précédemment, après une vingtaine d’heures de jeu, vous aurez fait le tour de la carte sans grande difficulté. Il faut rajouter une petite trentaine d’heures pour compléter la totalité des quêtes. Un univers aussi vaste pour environ une cinquantaine d’heures de jeu, c’est assez regrettable.

La Construction

La partie construction, quant à elle, est bien développée. Il est très agréable de construire des maisons et de modifier le terrain dans notre zone de construction. Assez simple à prendre en main, vous rencontrerez tout de même un petit problème de positionnement des éléments, qui se collent un peu n’importe comment.

Vous disposez d’une grande variété d’éléments de construction, ce qui offre une très grande liberté ; la seule limite sera votre imagination.

Un point positif dans la construction est que au fur et à mesure de vos missions et découvertes, vous obtenez de nouveaux éléments que vous pouvez utiliser pour améliorer votre habitation. Cela donne donc un véritable objectif à la réalisation des missions secondaires.

La construction de petits villages est le point le plus positif du jeu, c’est clairement là que réside son attrait. Nous avons joué à deux uniquement en coopération et non chacun de notre côté, donc aucun souci de ce côté-là.

Cependant, d’après certains retours sur Steam, il semble y avoir pas mal de problèmes en termes de ressources si vous jouez sur un serveur à 16 joueurs.

Le mode multijoueur est une partie compliquée.

Le jeu fonctionne très bien en solo ou en coopération. Apparemment, lorsque vous êtes plus de quatre joueurs, cela devient très instable, avec des pertes de connexion ou des lags qui rendent le jeu injouable.

La partie construction, si intéressante en petit comité, devient un véritable casse-tête en raison d’une limitation du nombre de points de base possibles.

Pour le moment, le mode multijoueur avec de nombreux joueurs n’est pas au niveau du mode solo ou coop à deux.

Ces retours proviennent des évaluations des joueurs sur Steam, nous n’avons pas rencontré de problème de notre côté, donc il faut les prendre avec des pincettes.

Dans l’ensemble

Attention, ne vous méprenez pas, le jeu vaut tout de même le détour. Il ywe a énormément de choses à faire, rien que pour la partie construction. Si vous souhaitez développer vos villages, il faudra avant tout passer par la case quêtes afin de trouver tous les éléments que vous pourrez utiliser dans vos constructions.

Cependant, gardez à l’esprit que le jeu est encore en Accès Anticipé, et cela se ressent beaucoup en termes de contenu. Actuellement, la version du jeu n’est pas encore assez aboutie, à mon avis, pour justifier un prix de vente autour de 26 euros sur Steam.

Mon conseil, sauf si vous êtes un early adopter, attendez de voir l’évolution des mises à jour du jeu. Il serait très regrettable de ne pas bénéficier de mises à jour régulières du jeu ou d’une extension de la carte payante.